Histoire personnages

Gustave Ferrié

ferrie

Ferrie Gustave Auguste

 

Général-Savant- Pionnier des télécommunications 

 

Né le 19 novembre 1868 à Saint Michel de Maurienne (Savoie)-décédé à Paris le 16 février 1932

Père des transmissions modernes . Il est le premier fils d’une fratrie de cinq enfants Son père, Pierre (originaire de Limoux dans l’Aude), est ingénieur des ponts et chaussées. Sa mère, Joséphine Mennecy, est la fille d’un receveur des postes de Saint Jean de Maurienne.

Elève au collège de Draguignan, il n’a pas quatorze ans quand il est inscrit en classe préparatoire  au baccalauréat. Deux mois avant sa seizième année il est diplômé bachelier ès sciences de la faculté des sciences de Marseille, le 7 septembre 1884.

Outre le grand savant, le grand scientifique, qu’il va être, Ferrié restera un homme de bonté, un homme de grand cœur et d’une grande simplicité.  Il se montrera très proche de sa famille et de sa région de naissance les Alpes. Tout comme il sera proche de ses hommes n’hésitant pas à prendre  le service toutes les trois ou quatre nuits au poste de la tour Eiffel comme officier radiotélégraphiste lors de la  1e  guerre mondiale. Il a la chance d’être parfaitement secondé par son épouse, énergique et intelligente qui n’hésite pas dans certains cas à  le rudoyer. Le général n’hésite pas à la taquiner, certains soirs, sur sa vie de jeune lieutenant parlant de ses nombreuses conquêtes.  A son neveu, qui vient d’entrer à Polytechnique et qu’il trouve trop sage il dira  « un colonel n’oublie jamais qu’il a été lieutenant » ajoutant à son propos les lettres de ses colonels qui le mettaient aux arrêts à cause de ses tapages nocturnes quand il était en garnison à Besançon et à Grenoble.

 En 1887, il réussit brillamment le concours d’entrée à l’école Polytechnique où il se classe 106e sur 220. Il se classe 117e au passage en seconde année et  138e aux examens de sortie. Au cours de sa scolarité il devient un proche de la famille Eiffel, Gustave Eiffel étant un ami de son père.

Nommé sous-lieutenant le 1er octobre 1889 il choisit l’arme du génie et il est envoyé à l’école d’application du génie de Fontainebleau. Il se classe 18e sur 30 aux examens de sortie. Promu Lieutenant en second le 1er octobre 1891, il est affecté au 4e régiment de génie de  Grenoble.

En 1893, le colonel l’envoie participer à la réunion temporaire du Mont Valérien. Cette formation est destinée aux instructeurs nécessaires pour les écoles régimentaires des quatre unités du génie. C’est Il va se servir des équipements électriques du type morse et  contact bien qu’éphémère le passionne. Au retour, il est affecté à Besançon.

En 1895, il revient au  mont Valérien comme instructeur, puis il prend le  commandement de l’école de télégraphie électrique du Mont Valérien en 1897. Ferrié se lie d’amitié avec le commandant Boulanger, un autre esprit scientifique. Ensemble, ils s’intéressent aux travaux d’Heinrich Rudolf Hertz. Nommé Capitaine en second le 6 avril 1897, Ferrié doit regagner Besançon pour y attendre sa nouvelle affectation, qui le conduit à la chefferie du génie d’Albertville. Le capitaine Ferrié rentre à Paris le 30 octobre 1898 à la demande du commandant Boulanger.

La France, pour ne pas être en reste de la Grande Bretagne, déjà convaincue par la télégraphie sans fil, propose à Marconi de réaliser des démonstrations sur la côte de la Manche en mars 1899.

 En 1899  Ferrié est observateur  du printemps de Wimereux , il rend compte personnellement au ministre de la guerre De Freycinet. Ce dernier lui demande de créer, de développer, et d’organiser la télégraphie sans fil militaire  sans le concours de l’étranger et en faisant appel le moins possible aux ateliers civils dans le délai de un an. En octobre 1899, Boulanger et Ferrié publient La télégraphie sans fil et les ondes électriques, ouvrage qui va vite devenir un ouvrage de référence.

Un an après sa nomination, Ferrié  propose son nouveau détecteur électrolytique qui sera l’un des clous du congrès international de l’électricité organisé à Paris en août 1900 et  universellement adopté dans les années 1903-1904. Il multiplie les expériences de transmissions sur le terrain, mais aussi les principes théoriques liés au mouvement vibratoire des antennes, leur rayonnement et le rôle de la terre et des circuits couplés. Il faut tout inventer, émetteurs, récepteurs, alimentation électrique, appareils de mesure, et Ferrié se lance dans l’étude des ondes hertziennes avec l’ardeur d’un néophyte mais des qualités de physicien.  Au cours de ses études Ferrié met en application des théories de l’ingénieur des phares et balises, André Blondel, sur la répartition de l’énergie rayonnée par l’antenne.

 Il s’installe au 51 bis boulevard de la Tour Maubourg,

En 1902, un évènement majeur propulse la télégraphie sans fil sur le devant de la scène. La montagne Pelée explose le 8 mai, déversant un flot de lave mortel et détruisant toutes les infrastructures de télécommunications filaires. Ferrié est chargé par le ministre de la guerre de rétablir les communications entre les îles. Le 26 septembre, il embarque à Bordeaux, le 4 décembre les stations échangent leurs premiers messages (Ferrié est de retour en métropole le 30 décembre).  Dans ce laps de temps, Ferrié a créé et mis en place des structures permettant d’obtenir rapidement une liaison sécurisée.

En ce début de XXe siècle, les liaisons longue distance sont problématiques. Ferrié, proche de Gustave Eiffel, réussit à convaincre ce dernier de proposer au génie l’utilisation de la tour comme station de TSF. Un mécénat de 40000 francs de l’industriel pour financer les premiers essais et l’accord du Génie suffisent pour que le 21 janvier 1904 la tour Eiffel devienne officiellement une station T.S.F.

Ferrié se met immédiatement à l’ouvrage pour aménager la station de la tour Eiffel. A cette occasion il reçoit le renfort d’un officier polytechnicien, le capitaine Paul Brenot, précédemment affecté au Mont Valérien. Les premiers baraquements vont voir le jour dans le prolongement de la diagonale pilier Nord/pilier Sud de la tour. Les travaux de la station souterraine de la tour Eiffel sont terminés en novembre 1909. Pour montrer la véracité de ses travaux qualifiés par certains de douteux, Ferrié charge Brenot de réaliser un poste mobile pour entrer en communication depuis l’est de la france avec le poste de la tour Eiffel et de Chalais Meudon et par là même faire taire les sceptiques qui ne croient pas à la TSF. La mission est une réussite. 

Ferrié et son équipe continuent leurs études sur le développement des courants. La marine Nationale se montre particulièrement intéressée par les travaux de Ferrié : les bâtiments de l’escadre de la Méditerranée occidentale reçoivent régulièrement les signaux de la tour Eiffel. 

En 1907, le lieutenant de vaisseau Tissot propose à Ferrié de créer un service permanent de transmissions des signaux horaires à la suite des expériences qui ont été menées. Brenot, quant à lui, effectue les premiers essais de radiogoniométrie sur le vapeur Léonce Raynaud  en utilisant un cadre d’antenne triangulaire réalisé d’après les études de Blondel. Seule la Marine poursuivra ses essais.

 Face à un tissu industriel hétéroclite, les travaux menés en parallèle par la Marine et par le capitaine Ferrié vont conduire à standardiser, à normaliser les équipements et à organiser la production industrielle en série per le regroupement de fournisseur : naissance en 1907 de la Compagnie Générale de radiotélégraphie.

La campagne du Maroc va propulser la télégraphie sans fil et l’asseoir comme moyen militaire moderne de communication.

Férié nommé chef du service télégraphique du corps expéditionnaire, improvise,  conçoit des ensembles mobiles de télégraphie sans fil qui vont suivre les colonnes. Une station fixe, permettant d’assurer le relais avec les troupes engagées, est construite dans le camp près de Casablanca

Le 7 janvier 1908, Ferrié appareille de Brest sur le croiseur Kleber , à son bord le lieutenant de vaisseau Jeance met au point un certain nombre d’installations durant la traversée et à partir du 12 janvier 1908, le chef du corps expéditionnaire peut disposer d’une plate-forme de transmissions qui lui permet d’adresser des rapports au ministre de la guerre. Ce conflit met en évidence le rôle prépondérant des communications en permettant d’informer le commandement et le gouvernement de l’engagement des troupes Françaises.

L’engagement de Ferrié au Maroc ne fut pas  seulement technique, mais aussi militaire puisqu’au retour d’une mission d’inspection il a dû charger un parti de cavaliers ennemis à la tête des goumiers qui l’accompagnait.

L’année 1908 commence à la fois la carrière scientifique et internationale de Ferrié puisque sous les auspices de l’Académie des Sciences, du bureau des longitudes et avec l’appui du ministre de la Marine  il organise un service français des signaux horaires. Ferrié et son équipe se mettent au travail et le 23 mai 1910 la tour Eiffel émet un signal: le premier service régulier de transmissions des signaux vient de voir le jour. Ferrié représente la France au congrès international de de radiotélégraphie de Londres. En 1913 l’observatoire de Paris est choisi comme siège définitif du Bureau International de l’Heure.

Utilisée tant par les militaires, qu’au profit de la science, la TSF a pu s’affirmer comme un moyen de communication fiable. Le début du XXe siècle correspond aussi aux débuts de l’aviation. Ferrié et son adjoint Paul Brenot vont orienter leurs recherches sur la possibilité d’installer des postes de TSF à bord des dirigeables ou sur des avions. Ferrié n’est pas toujours écouté dans les états-majors  où certaines de ses notes restent lettres mortes. 

Nommé directeur technique par arrêté du Ministre de la guerre, il a pour mission de centraliser toutes les questions relatives à la radio télégraphie et de ses réseaux, la construction et l’exploitation de lignes nouvelles, l’étude et la construction des postes fixes ou mobiles, le choix et la répartition du matériel et du personnel.  Il est promu Colonel le 23 décembre 1915.

Au début du conflit, la mission de Ferrié est de rattraper le retard accumulé sur l’armée adverse. Pour ce faire il doit récupérer toutes les compétences qui ont été mobilisées. Ferrié saura s’entourer et mobiliser une équipe qui pendant et à l’issue de la guerre participera à l’édification du système des radiocommunications françaises. Son succès résulte du travail d’ingénieurs et de techniciens qui ont apporté leur pierre à l’édifice, la TSF française  a eu la chance d’avoir l’une des plus belle équipe de savants, d’ingénieurs et de techniciens qu’aucune entreprise n’aurait pu financièrement s’offrir avec à sa tête un chef. Ferrié a été ce meneur d’hommes qui a su faire fi de la hiérarchie pour rechercher l’efficacité et utiliser les qualités de ses collaborateurs là où elles doivent être..   Première guerre technologique cette guerre s’avère être un vrai laboratoire scientifique dans de nombreux domaines, utilisation de produits chimiques, guerre sous-marine …...

Se basant sur les travaux de Lee de Forest Ferrié va développer dans un temps record la lampe T.M.. Dès décembre 1914, les premières lampes sont testées à Paris, donnent satisfaction et sont adoptées par le commandement.  Il en organise la production industrielle.

Ferrié va faire que la télégraphie sans fil militaire française soit reconnue par les alliés et que ces derniers utilisent le matériel portatif de campagne Français.

Grâce à l’évolution de la technologie les transmissions du Colonel Ferrié vont avoir un rôle prépondérant dans les décisions du commandement pour la mise en place des taxis de la Marne, l’arrestation de Margheretta Zelle (Mata- Hari), la destruction de cinq zeppelins de retour d’un raid sur la Grande Bretagne….

Le 11 novembre 1918 l’émetteur de la tour Eiffel transmet dans le monde entier le radiotélégramme de la victoire. Pour autant l’armistice n’arrête pas la carrière du futur général  de brigade Ferrié nommé dans   ce grade le 20 mars 1919. Il est nommé en 1919 inspecteur des services de la TSF Militaire.

Dans ce monde de l’après-guerre, le champ d’application des communications va s’orienter vers le secteur civil, l’un des principaux champs de recherche de Gustave Ferrié va être la radiotéléphonie. A l’aube de cette nouvelle ère, la tour Eiffel va jouer la encore un rôle majeur. Si la démobilisation a dispersé les savants, certaines recherches et études sont nécessaires tant pour une utilisation militaire que pour une utilisation civile. Il crée donc le laboratoire national de radio électricité. De plus Gustave Ferrié anime plus de 30 comités, commissions conseils nationaux ou internationaux qui traitent de T.S.F., mais aussi de géodésie, astronomie…..

L’évolution des technologies va permettre de réaliser la première expérience de radiodiffusion en décembre 1921 du bureau même du chef de station et les premiers essais de radio diffusion soulèvent un vif intérêt. En février 1922, Ferrié fait installer un studio provisoire dans le pilier Nord de la tour. En 1925 le premier journal parlé est diffusé chaque soir de 17 heures 30 à 18h30 présenté par Marcel Privat.  Le poste de la tour Eiffel sert également pour les transmissions radio télégraphiques et radiotéléphoniques pour le compte de l’O.N.M. ainsi que pour la transmission journalière des cartes météorologiques par bélinographe.

A l’issue des travaux de la conférence internationale de Prague, il élabore un plan d’organisation de la radiodiffusion française qui sera adopté par le parlement en 1931 (Plan Ferrrié).

Le 6 avril 1930, il est maintenu en activité sans limite d’âge. Le ministre de la Guerre André Maginot  lui rappelle à cette occasion ce que la France et le Monde lui doivent pour les progrès dans les domaines de la radio électricité, mais aussi son dévouement et son désintéressement en refusant des situations industrielles beaucoup plus lucratives en restant au service de la nation et de la défense nationale.

Le général étudie le projet d’une importante opération de détermination précise des longitudes, qui doit s’étendre autour de la Terre et il é propose  que la transmission des signaux soit faite de telle manière qu’ils puissent être enregistrés avec les nouveaux procédés chronographiques.

Il est aussi l’un des premiers à concevoir que pour interpréter correctement les grands phénomènes atmosphériques, la météorologie ne doit pas se confiner à des frontières terrestres mais travailler dans un cadre international en utilisant la T.S.F. Le général Ferrié avait été précurseur en ce domaine puisqu’il faisait diffuser un bulletin météo chaque matin après la transmission des signaux horaires. L’hyperactivité, sa  connaissance, sa diplomatie et son désintéressement  font du  général Ferrié un expert mondial dans le domaine de la radio télégraphie. 

Diplomate, homme de consensus, le général Ferrié répond à de nombreuses invitations internationales. Son désintéressement et son amour de la Science le général est un homme simple et cordial. Il tombe malade au Danemark et ne donne pas toute l’attention qu’il devrait aux douleurs abdominales mal identifiées qu’il ressent. Malgré l’inquiétude de ses proches, le général Ferrié doit partir pour une mission d’inspection en Syrie et un voyage aux États-Unis, à l’occasion du congrès de l’Union Astronomique Internationale.  Transporté d’urgence à l’hôpital du Val de Grace le dimanche 14  février 1932, il est opéré d’urgence d’une appendicite gangréneuse, une faiblesse cardiaque obligeant une intervention sans anesthésie.  La situation post opératoire laisse craindre le pire pour l’avenir. Le 15 février 1932 le gouvernement élève le général Ferrié au grade de Grand-Croix de la Légion d’Honneur. Le maréchal Franchet-d’Esperey  remet la distinction à Ferrié très affaibli. Ce n’est que le lendemain qu’il apprend sa promotion quelques heures avant sa mort.

Il décède à l’hôpital du Val de Grâce le 16 février 1932 à 11h15. Le colonel Brenot qui prononce l’éloge funèbre sur Radio Paris rappelle que « les résultats seuls demeurent et dominent le jugement des hommes. Honneur donc et reconnaissance à celui qui vient de nous quitter pour entrer dans l’Histoire et dont le grand exemple dicte notre devoir……. » . Dans le monde entier c’est la consternation. Les obsèques se déroulent le 18 février 1932 devant de nombreuses personnalités politiques, scientifiques, et militaires. Les sous-officiers et les sapeurs du 8e Génie conduisent le deuil. A l’issue des honneurs militaires la dépouille est conduite au cimetière du père Lachaise où a lieu son inhumation.

Ainsi disparaissait le père des transmissions militaires modernes, mais aussi, le fondateur de la radiodiffusion civile qui, jusqu’à sa mort, a donné un élan sans précédent à la recherche scientifique française et dont la devise était : « pour la Patrie, les Sciences et la Gloire ».

 Depuis 1963 le grand prix de l’Electronique « général Ferrié » vient récompenser annuellement un ingénieur ou un scientifique dont les travaux ont contribué d’une manière importante aux progrès de l’électronique et de ses applications.

Sources :

-          - Le général ferrié et la naissance des transmissions et de la radiodiffusion- Michel Amoudry- Collection histoire industrielle PUG 1993

-       -  Le général Ferrié, militaire, scientifique,  homme d’action-Saint Gabriel-Revue de défense nationale- novembre 2968

-          - ,Le général Ferrié et la naissance de la TSF en France, ouvrage du centenaire Editions sciences et progrès ;

-          Discours de M.Robert Bourgeois, président de l’Académie des sciences prononcé à l’occasion des funérailles du général Gustave- Auguste Ferrié le 18 février 1932

-          Discours de M.Georges Perrier, membre de l’académie des Sciences, de M.Paul Painlevé, ministre de l’air, prononcés à l’occasion de l’inauguration des plaques indicatrices Avenue du Général Ferrié, au champ de mars le 10 octobre 1932 ;

-          Discours de M.Emile Picard, secrétaire perpétuel de l’académie des Sciences prononcé à l’occasion de l’inauguration du monument à la mémoire du Général Ferrié le 15 novembre 1933 au champ de Mars ;

-          Notice sur la vie et les travaux de Gustave Ferrié présenté le 31 mars 1937à l’academie des Sciences  par M.Jean Tilho, membre ;

 

 Droits reservés- Ministère de la défense-Espace Ferrié/ Musée des transmissions- Philippe Massé

Toute demande de reproduction partielle ou totale de cet article devra faire l'objet d'une demande écrite au musée des Transmissions/Espace Ferrié
 
 

Camille Papin Tissot

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 PAPIN TISSOT Camille

 

Officier de Marine-Enseignant chercheur à l'école Navale.

 

Camille Papin Tissot

Né à Brest le 15 octobre 1868 –décédé le 2 octobre 1917 à Arcachon                                    

 Il est le fils d’un officier de marine ayant débuté sa carrière comme aide–mécanicien et d’une mère d’origine Brestoise.

Sa carrière dans la Marine Nationale débute en 1884, il est âgé de 16 ans, il fait ses classes sur le navire école Borda jusqu’en 1886. Il suit un cursus scolaire sans histoire, il profite de son temps libre pour prendre ses grades universitaires ( Baccalauréat, licence de mathématique et licence de physique). Il reçoit une affectation dans le port de Brest. Sa première partie de carrière va le conduire sur différents bâtiments de la Marine Nationale. Entre 1887 et le 23 janvier 1891 il embarque sur plusieurs bâtiments, ses séjours à bord seront parfois très courts ( navire école Iphigénie, navire hôpital Nive, navire école Bretagne, bâtiment de transport Magellan, cuirassé Océan, cuirassé Marengo,, croiseur Primauguet, Navire école le calédonien , croiseur Coëtlogon).

Sa dernière affectation embarquée se déroule sur le croiseur Coëtlogon, qu’il quitte le 23 janvier 1981 pour entamer une deuxième carrière plus atypique d’enseignant chercheur, la chaire de physique chimie de l’école NavalE est vacante du fait du départ de son titulaire. Il restera 21 ans enseignant sur le navire école Borda.

En qualité de professeur à l’école navale il se consacre à l’étude des oscillations électriques et de leur application dans le domaine maritime.

Camille Tissot est un pionnier de la TSF, à ce titre il va collaborer avec Eugène Ducretet, Edouard, Branly, il va imposer la TSF sur les bateaux de la Marine Nationale

Camille Tissot est considéré comme le savant ayant poussé les études sur la détection des signaux radio en France en 1905 son mémoire de thèse de doctorat est relatif à la résonnance des antennes.

Il intervient régulièrement devant l’académie des sciences, ses travaux lui ont valu d’intervenir devant de nombreuses commissions. il est membre de la commission technique interministérielle de TSF   où siègent le général Ferrié, le capitaine de vaisseau Gaschard, les enseignes de vaisseau Victor Colin et Maurice Jeance.

Ses principaux travaux vont être :

  •  1898 (3 août) première liaison radio opérationnelle française en mer entre le navire école « Borda » et le sémaphore du parc aux ducs à Brest (1800m) devant le ministre de la Marine. Première liaison radio entre le phare de l’ile d’Ouessant et le phare de Trézien à Plouarzel sur le continent. Cette station est la première station TSF installée en France .
  •  1899 rédige le manuel de TSF destinée à l’instruction du personnel de la marine, l’école des torpilleurs est chargée d’enseigner l’utilisation des ondes hertziennes. Il lance une campagne d’essai et de communication par ondes hertziennes entre la rade de Brest , l’eglise Saint Martin et les phares de l’Ile Vierge à Plouguerneau et du phare du Stiff à l’ile d’Ouessant. Alors que le caractère opérationnel de la TSF n’a pas 18 mois, il publie un rapport sur ses expériences de la rade Brest et met en cause la qualité de certains travaux de Marconi. Il sera sollicité par E. Giraudeau à titre d’expert technique dans la série de procès qui opposent l’industrie Française de la TSF à la société «  Wireless telegraph and Signal Company limited » appartenant à Guglielmo Marconi..
  •  1900 Camille Tissot équipe des bâtiments marine nationale de ses premiers d’appareils TSF.
  •  1904-1905 la station de Ouessant TSF effectue des transmissions radiotélégraphiques sur la longueur d’onde des 600m avec une flotte de 80 paquebot, la station est ouverte depuis octobre 1904 aux communications civiles. Il se lance dans l’étude de sur la détection des signaux radio.
  •  1907-1908 Ses travaux lui permettent de démontrer la possibilité de transmettre un signal horaire et régler les chronomètres des navires en mer. Il saisit en 1908 le bureau des longitudes d ‘une proposition de création d’un service journalier d’émission de ces signaux par la tour Eiffel. Ce bureau procède à l’installation de ce service le 23 mai 1910, et ce système sera étendu aux longitudes.

Promu capitaine de frégate à titre exceptionnel le 5 avril 1912, il quitte l’école navale le 31 juillet de la même année, il est promu chef du laboratoire central de la marine.

Durant la Grande Guerre il fait plusieurs séjours à Bizerte pour équiper des cargos réquisitionné par le ministère de la Guerre. Il travaille en parallèle sur l’écoute des bruits microphoniques rayonnés dans la mer , parvenant a écouter, suivre et tracer les routes et l’évolution des sous-marins en rade de Bandol. Le 25 juillet 1915, Camille Tissot est désigné avec trois officiers par le ministre de la Marine pour rechercher avec les membres de l’académie des sciences les problèmes scientifiques posés par la guerre mondiale.

Atteint par la tuberculose il décède le 2 octobre 1917 à Arcachon, il était père d’une fille.

 

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blondel André

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BLONDEL André

Polytechnicien- Ingenieur  au service des phares et balises.

 Né à Chaumont la 28 aout 1863-décédé le 15 novembre 1938 à Paris.

Polytechnicien, major de sa promotion à l’Ecole des Ponts et Chaussées en 1888, ingénieur attaché au service des phares et balises jusqu’en 1927 date de son départ à la retraite. Physicien réputé il est l’inventeur de l’oscillographie bifilaire permettant l’étude graphique des courants alternatifs. Ses travaux dans les domaines électriques portent sur les moteurs asynchrones, la traction électrique et la goniométrie sonore. Il est l’un des pionniers du transport de l’énergie à grande distance.
Sur les côtes françaises les quatre premiers radiophares créés par André Blondel balisent l’entrée du port de Brest,: le radiophare de l’ile de Sein (indicatif  :S), sur le phare du Stiff à l’ile d’Ouessant (indicatif :O), les deux autres le port du havre.

 

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Louis Simon

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SIMON Louis, Eugène Aimé

Général-créateur de la télégraphie militaire 

Né le 9 mai 1861 à Athée (Cotes d'Or)- décédé le 9 janvier 1942 à Montmorency (Val d'oise)

Le général Louis SIMON, injustement oublié, a été avec le général FERRIE à la fois créateur et chef de la télégraphie militaire opérationnelle, avant et pendant la Première Guerre mondiale.

Technicien averti, organisateur efficace, chef incontesté dans les activité du temps de paix comme sur les champs de bataille, il a sans interruption et pendant plus de quinze années, présidé aux modestes et difficiles débuts, puis au prodigieux développement des transmissions militaires.

A l’époque, aucune carrière n’y fut à ce point consacrée et bien que n’ayant pas eu tout l’éclat qu’eût pu justifier une aussi grande et continue réussite, cette carrière mérite d’autant plus d’être évoquée, que par bien des aspects, elle reflète les débuts de notre arme.

Louis, Eugène, Aimé SIMON est né le 9 mai 1861, dans une modeste famille d’instituteur, à Athée, près d’Auxerre, en Côte d’Or. Admis au concours d’entrée de l’Ecole Polytechnique en 1880, à 19 ans, il tombe malade et ne peut passer l’oral. En vertu de la réglementation alors en vigueur, il doit s’acquitter de ses obligations militaires et s’engage en octobre 1881, au 5ème régiment d’artillerie.

Il entre finalement à l’X le 1er octobre 1883 et en sort deux ans plus tard et suit deux années d’instruction à l’Ecole d’Application de l’Artillerie et du Génie à Fontainebleau. Nommé lieutenant en octobre 1887, il est affecté au 1er régiment du génie à Versailles. Nommé capitaine en décembre 1892, il est muté à l’Etat-major du génie à Chambéry.

Reçu à l’Ecole Supérieure de Guerre, il y  entre et en sort deux ans plus tard, classé 27ème sur 70, avec la mention : « bien ; officier brillant à classer au service d’état-major ». C’est ainsi qu’il est affecté à l’Etat-major de la 3ème division de cavalerie du VI° Corps à Chalons.

En février 1898, il est affecté au cabinet du général Zurlinden, Gouverneur Militaire de Paris. Le général ne tarda pas à reconnaître « l’intelligence, le bon sens, le jugement » de son subordonné, « sa volonté, son dévouement, son aptitude au service d’état-major, comme au commandement de la troupe ». Mais la France est déchainée par l’affaire Dreyfus et le général Zurlinden est contraint à la démission et le capitaine Simon, bien qu’étranger à tout cela, est entraîné dans la disgrâce de son chef. Il lui faut trouver une nouvelle affectation.

Le 30 décembre 1902, le capitaine Simon, est, sur sa demande, affecté au bataillon de sapeurs-télégraphistes, créé par la loi du 27 juillet 1900 au Mont-Valérien. D’abord à trois compagnies, puis à six, le bataillon dépend du 5ème génie de Versailles. En arrivant au Mont-Valérien, le capitaine Simon cherche encore sa voie et ne tarde pas à la trouver, en faisant preuve de cette faculté d’adaptation que ses différents supérieurs reconnaissent comme une de ses grandes qualités et qui fera toujours sa force dans les situations les plus difficiles. Arrivé dernier au bataillon en ce début de 1903, on lui confie le commandement de la compagnie télégraphique d’armée, constituée pour participer aux manœuvres du Centre.

Pour son coup d’essai, le capitaine Simon s’en tire avec les honneurs, est noté comme « un excellent officier plein de zèle, d’entrain et de fermeté ». Il est appuyé pour l’avancement. En 1905,n il se fait remarquer en dirigeant l’organisation d’un réseau téléphonique de plus de 160 kilomètres pour les courses automobiles du tour d’Auvergne. Il en sera encore ainsi en 1906, 1907 et 1908, car le capitaine Simon est de toutes les manœuvres et se voit confier toutes les missions difficiles. Il apparait le plus capable de mettre en œuvre sur le terrain les nouveaux moyens de télégraphie militaire. Ses notes sont élogieuses, ses propositions d’avancement de plus en plus appuyées, mais il faudra attendre décembre 1909 pour qu’il soit enfin nommé chef de bataillon, à l’âge de 48 ans, après 17 années de grade de capitaine.

Nommé chef de bataillon, le commandant Simon rejoint Grenoble et le 4ème génie, où on lui confie le commandement d’un bataillon de pontonniers. Pour le commandant Simon, cette expérience de pontonnier ne sera pas perdue, mais fin 1910, c’est au Mont-Valérien, que l’on a besoin de lui. Le commandement du bataillon de sapeurs-télégraphistes, devenu 24ème bataillon et formant corps est vacant.

Le commandant Simon est accueilli avec ferveur, parce qu’il est connu, qu’il est dévoué, compétent en télégraphie militaire, actif et efficace. Il faut mettre sur pied de nouveaux détachements pour l’Algérie et le Maroc et y envoyer du personnel instruit, immédiatement utilisable. Revoyant et réformant  les méthodes, réorganisant les séances d’instruction, bousculant les routines, il réussit à gagner trois mois dans le cycle de l’instruction des hommes de troupe. Le 24ème bataillon est désormais en mesure de participer à tous les exercices d’état-major et à toutes les manœuvres. Au printemps 1912, le général Delarue, commandant le génie, le met à l’épreuve au cours d’un exercice de radiotélégraphie de huit jours. En ce moi de mai 1912 , le Commandement du Génie, vient de découvrir l’existence et l’avenir des transmissions militaires. En cette année 1912, les télégraphistes ont acquis droit de cité et le comandant Simon en est l’âme.

Le 28 mars 1912, le Sénat a approuvé le projet de loi portant création d’un régiment de sapeurs-télégraphistes et dès l’été, le futur commandant du 8ème génie, le colonel Linder est mis à la tête du bataillon pour en préparer le développement. Le colonel Linder n’est pas un télégraphiste, mais il a vite compris que la présence du commandant Simon est plus que nécessaire. Alors, il propose le commandant Simon, à titre exceptionnel pour le grade de lieutenant-colonel. Mais s’agissant de l’avancement du commandant Simon, rien n’est fait pour autant. Les chanceliers font la loi et sont intraitables. Pour son maintien dans le nouveau régiment, le commandant Simon fera fonction de lieutenant-colonel commandant en second.

Le commandement ayant besoin d’un officier pour diriger à Villacoublay des expérimentations de TSF à bord d’avions, en vue de réglages d’artillerie, c’est le commandant Simon qui se charge de cette mission, en plus de ses activités au Mont-Valérien. Le commandant Simon sera inscrit au tableau d’avancement et nommé le 1er novembre 1914.

Au Mont-Valérien, la mobilisation du 8ème génie avait été soigneusement préparée par l’équipe formée par le colonel Linder et le commandant Simon. Mais lorsque la guerre survient, le colonel Linder est déjà parti et son successeur le colonel Levy, qui n’est pas non plus télégraphiste, doit s’en remettre à son second ? La tâche est rude car il s’agit de mettre sur pied et d’embarquer plus d’une centaine de détachements.

Le commandant Simon prend le titre de chef du service radiotélégraphie et applique ses efforts à l’emploi de la radio. Ayant autorité technique sur tous les détachements de radiotélégraphiques d’armée et sur tous les postes de TSF des places fortes, il en obtient une discipline d’exploitation remarquable. Il impose aussi à tous ses postes, les écoutes des réseaux adverses, organise la centralisation des informations et contribue ainsi à l’élaboration du renseignement.

Organisateur, initiative, habileté : mots clé de la réussite du lieutenant-colonel Simon. Comme il fonde ses initiatives et son autorité sur une habité technique incontestée, il réussit tout ce qu’il entreprend, au point que Joffre dira de lui : « il nous rend les plus signalés services ».

Les moyens de liaison ne lui permettant pas d’intervenir efficacement à partir du Grand Quartier Général, il se rend sur place, là où sa présence lui apparait le plus nécessaire et donc là où la menace est la plus grandes et les engagements les plus intenses. De septembre à octobre 1915, il assume en personne la responsabilité des transmissions en Champagne. En 1916, il fait ouvrir des écoles de formation à Liancourt  et au Plessis-Belleville, d’où sortiront les officiers et sous-officiers pour les armées françaises d’abord, puis pour les unités américaines, le moment venu.

En cette année 1916, Simon aura deux satisfactions personnelles. La première de voir enfin officialisé le service télégraphique aux armées et d’en être reconnu comme le chef et la seconde d’être promu colonel au 31 décembre 1916.

C’est au moment où l’activité du colonel Simon est la plus payante, où sa compétence et sa réussite unanimement reconnues et appréciées, qu’il va quitter son commandement. Pourquoi ? Le colonel Simon a amplement mérité ses étoiles et il ne faut pas trop attendre pour les lui assurer s’il ne veut pas atteindre sa limite d’âge de colonel, car il a alors 57 ans. Simon demande donc à aller ailleurs.

Il est affecté au commandement du génie du 6ème corps d’armée, puis commandant du génie du X° corps d’armée en octobre 1918. Le poste est très important car c’est à la tête de cette armée forte de 15 divisions que le général Mangin doit mener une grande offensive en Lorraine pour rompre le front ennemi et pousser vers la Sarre. Son déclanchement est fixé au 14 novembre, mais l’Armistice est signé le 11 et Metz redevient française le 19.

La France occupant alors la Rhénanie, c’est à la X° armée qu’incombe le 20 décembre le franchissement du Rhin et l’organisation de la tête de pont à Mayence. C’est au colonel Simon de lancer les ponts nécessaires. L’opération est loin d’être banale car il faut trois ponts sur le Rhin et deux sur le Main. Le matériel de pontage étant insuffisant, le colonel Simon imagine des radeaux pour le transport des chars, puis un pont métallique d’une longueur de 260 mètres, en trois parties.

Le 23 décembre 1919, le colonel Simon est enfin nommé général, au moment où sa carrière militaire est proche de la fin . Le commandement du génie de l’Armée du Rhin lui est confié. Se souvenant des difficultés qu’il a eues pour faire traverser le Rhin à l’artillerie lourde et aux chars, il imagine un pont en acier s’assemblant par portières de 10 mètres et pouvant supporter de 16 à 21 tonnes ou de 34 à 44 tonnes. Ce pont sera adopté par le Ministère de la  Guerre et appelé pont FCM, mais à l’Ecole du Génie, il sera appelé « Pont Simon ».

Le général Simon se retirera à Montmorency en 1930 et y vécut modestement dans le cadre familial. Il connut la défaite de 1940 et prit même en charge les responsabilités de maire de la ville. Il est décédé le 9 janvier 1942, sans avoir connu ni le renversement de la structure militaire, ni cette même année la création de l’arme des Transmissions, qu’il avait fait grandir dans la tourmente des années de guerre.

 

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Gabriel Romon

Romon Gabriel LCL-309

ROMON Gabriel, Louis, Charles.

 

Lieutenant-colonel "Mort pour la France "

 

Né le 18 juin 1905 à Boulogne sur mer (62),  fusillé le 21 août 1944 à Heilbronn.

Fils d’un instituteur, orphelin de père à 11 ans, boursier d’études, admis à l’école polytechnique le 16 septembre 1925, il en sort le 1er octobre 1927 comme sous-lieutenant de l’arme du génie. Il est promu lieutenant le 1er octobre 1929, affecté au 18e régiment du génie à Nancy. Il est affecté ensuite  au 45e bataillon du génie à Hussein Dey (Algérie) et embarque à Marseille le 16 septembre 1930. A son retour d’Alger, il est désigné pour suivre le cours de radio électricité de l’école supérieure d’électricité de Paris. Nommé capitaine le 25 décembre 1933, il est affecté à l’établissement central du matériel des transmissions à Paris. Il est ensuite affecté à l’état-major de l’armée le 22 juillet 1935. Le 1er octobre 1937, il rejoint le 4e bataillon du 38e régiment du génie à Montargis. Le 2 août 1939, il est au 3e bureau Grand Quartier Général. Le 18 janvier 1940, il est affecté au  3e bureau de l’état-major du général commandant en chef sur le front Nord-est au groupe des unités d’écoutes et de goniométrie du Grand Quartier Général à Montluçon. Il sert ensuite à l’inspection de la défense nationale, cellule groupement des contrôles radio-électriques (G.C.R.) de Vichy jusqu’au 15 novembre 1940 date à laquelle il est placé en congé d’armistice. Placé sous la direction du commandant Labat, il est chargé de la direction des services techniques du groupement des contrôles radio-électriques. Le 25 mai 1941, il intègre le cadre spécial temporaire des ingénieurs des transmissions de l’État.

Jusqu’en novembre 1942, il s’emploie, sous le couvert d’écoutes de presse, d’émissions commerciales et de radiogoniométrie des émetteurs de propagandes alliés, à dresser le schéma des réseaux radio-électriques de la Gestapo en Europe et à intercepter le trafic de ces réseaux. Il fait de même pour certains réseaux de la Wehrmacht. Promu commandant le 25 septembre 1942, il poursuit son action malgré l’invasion de la zone libre par l’armée allemande et la surveillance dont le G.C.R. fait l’objet. Dès le printemps 1943, il prend les fonctions de commandant des transmissions de l’Armée Secrète (AS). Il assure les contacts nécessaires avec l’Organisation de résistance Armée (O.R.A.) naissante, le  service de renseignement français et une organisation de résistance de l’armée de l’air qui sera décapitée en juin 1943 par la Gestapo. Il est muté à Paris, en juin 1943, à la direction de la TSF des P.T.T. en qualité d’ingénieur en chef  des transmissions de l’Etat.

Le 12 décembre 1943, il est arrêté par la Gestapo à son domicile à Saint-Yorre. Interné à la prison militaire allemande de Moulins, il est transféré à la prison de Fresnes le 16 décembre 1943 où il classé N.N (Nacht und Nebel[1]), puis à la prison de Strasbourg où il est interrogé par les services de renseignement allemand. Le 15 février 1944, il est transféré à la prison de Kehl, puis à la prison de Fribourg-en-Brisgau le 27 avril 1944. Condamné à mort pour espionnage par le tribunal de guerre de cette ville, il est transféré le 27 juin 1944 à la prison de Schwäbisch Hall sans connaître la sentence. Avisé le 20 août 1944 il est transféré à la caserne Schlieffen de Heillbron et fusillé le lendemain, à l’aube, sur le champ de tir avec 23 de ses camarades et anciens subordonnés. Il est promu lieutenant-colonel à titre posthume le 25 mars 1944.

Officier complet, ayant le sens des responsabilités et le goût du travail bien fait. Il est, pour les télégraphistes, un exemple, un réconfort et un guide.

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[1] nuit et brouillard

 

Marien Leschi

marien leschi

LESCHI Marien

Général- résistant- Pionnier de la télévision

Né à le 20 juillet 1903 à Venaco (Corse)- Décédé le 2 août 1971 à Jouques (Bouches du Rhône)

 Fils d'un instituteur corse, Marien Leschi, polytechnicien (1922) officier du Génie, puis des Transmissions, fut toute sa vie au service de la France. La modestie fut un trait de son caractère, jusque dans les plus hauts grades de l'Armée et de l'Administration.

Emule du général Ferrié, il suit à l'Ecole Supérieure d'Electricité, les cours de la section radio puis, en 1934, les cours à l'Ecole Nationale des Télécommunications, d'où il sort dans les tout premiers, malgré un handicap de dix ans qu'il s'est imposé.

La guerre le trouve au poste de la Tour Eiffel d'où il enlève en juin 1940 le buste de Ferrié pour le cacher en zone libre dans la ferme de La Rapine. Chef des réseaux radioélectriques de l'organisation de la Résistance de l'Armée, arrêté et déporté à Dora avec ses lieutenants - l'ingénieur général Lacoste, le général Collard, le commandant Laboureau. Après la libération du camp, il a la joie, avec ses compagnons, de replace le buste sur la stèle du Champ de Mars.

Colonel, chef des Services techniques des Transmissions militaire, il est appelé par le Gouvernement en 1947 à la Direction des Services Techniques de la Radiodiffusion Télévision Française. Là, sous la direction de monsieur Wladimir Porche, organisateur dès 1935 des premiers programmes de télévision, Leschi donne la mesure de son intelligence hors de pair, de son savoir constamment à l'avant garde de la Science et de la Technique, de son esprit réalisateur. Il met en service public la télévision française, en s'inspirant des travaux de Barthélémy rappelés récemment. Il est le très modeste promoteur de la Maison de la Radio de Paris. La continuité de ses vues est un autre trait de son caractère propre aux grands commis de l'Etat : tant pour implanter les Maisons de la Radio de province que pour organiser les services techniques régionaux, il s'inspire largement du plan établi en 1930 par Ferrié pour couvrir l'ensemble du territoire, au temps où le capitaine Leschi servait sous ses ordres.

Se retirant en 1963 à Jouques pour ménager sa santé - un infarctus du myocarde est la conséquence de sa déportation - il continue de donner son esprit à la Radio, à la Science et à la Patrie : président de la Société pour la diffusion des sciences et des arts, président de Télé-Europe, président d'honneur de la Société auxiliaire de radiodiffusion, administrateur de plusieurs sociétés.

Chacun de ses séjours à Paris est une joie pour ses amis, car - et c'est le plus beau trait de son caractère - Leschi est un homme au grand coeur , fidèle à ses amis comme à son pays natal, la Corse. "La France et la Corse ?Non pas, le continent et la Corse, disait-il, car la Corse, c'est la France".

Le général Leschi était Grand Officier de la Légion d'Honneur, Croix de Guerre 39-45, Rosette de la Résistance.

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Bernard Anquetil

 

BernardAnquetil

ANQUETIL Bernard

 

Quartier maitre de 1ère classe radio

"Mort pour la France"

Né le 20 décembre 1916 à Bernières-d'Ailly (Calvados) ; Fusillé le 24 octobre 1941 au Mont Valérien

 

 Engagé volontaire le 19 novembre 1936, matelot radio en 1937. Il est quartier-maitre radio sur le sous-marin Ouessant en juin 1940.  Affecté à la 8ème division de sous-marins, le bâtiment est sabordé le 18 juin 1940 à Brest. Lorsque les forces sont dispersées, Bernard Anquetil  va trouver  un emploi de réparateur radio à Angers.  C’est dans cette ville que le colonel Remy (réseau Confrérie Notre Dame) va le trouver. Il lui offre la possibilité de devenir le radio de son ancien officier en second sur le sous-marin Ouessant qu’il vient de recruter : le lieutenant de vaisseau Jean Philippon (Hilarion). Il s'installe à Saumur  chez  la famille Combes. Transmettant principalement des messages liés aux mouvements, aux indisponibilités, aux avaries des bâtiments à Brest. C’est lui qui transmet les informations informant le Cabinet War à Londres que le  cuirassé Bismarck faisait route vers Brest. Il sera coulé le 27 mai 1941.  Malgré les risques encourus, il transmet le 19 juillet 1941 l'appareillage du Scharnhorst, permettant l'attaque de la Royal air Force le 25 juillet 1941 endommageant le cuirassé.

 

L'intensité de son trafic radio attire l'attention du RSHA, qui le localise, il tente de s'échapper lors de son arrestation. Blessé il est transféré à la prison du Pré Pigeon à Angers puis à Fresnes ou il fut torturé.  Il comparait devant une cour martiale le 15 octobre 1941 qui le  condamne à mort. Il est exécuté le 24 octobre 1941 au Mont Valérien. Inhumé au cimetière de Montrouge dans le carré des fusillés. Après la guerre la sépulture rejoint le caveau de famille à Colleville sur Mer(14)

 

 
Il est fait compagnon de la Libération (Décret du 21 novembre 1942)  

 

Croix de guerre 39/45 avec palme  
Médaille de la résistance

Citation à l'Ordre de l'Armée de Mer

 

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Elisabeth Torlet

elisabeth torlet

 TORLET Elisabeth

 

Lieutenant "Morte pour la France"

Née le 5 février 1915 à les Bordes (les Bordes) Exécutée le 5 septembre 1944

 

Élisabeth Torlet appartenait à une famille de cinq enfants dont le père, Georges Torlet, était contrôleur général d'un organisme social et maire de cette commune. Parcours scolaire à Orléans puis à Saint Omer. Là, elle va  enseigner dans une institution privée  jusqu’en 1939. Ensuite elle travaille aux assurances sociales jusqu’en 1941. Avec  sa sœur Geneviève elle rejoint leur sœur aînée au Maroc.  Patriotes elles s’engagent le 16 février 1943 dans le corps féminin des transmissions de l’armée de Terre basé à Hydra pour la durée de la guerre

Les deux sœurs reçoivent une formation en radio transmission. Elles sont nommées Sergent le 15 septembre 1943.

 Elisabeth Torlet fait partie des trente volontaires pour les missions périlleuses. Affectée à la Direction générale des Services spéciaux à Alger, elle se fait remarquer par son engagement. Brevetée parachutiste, elle rejoint l’équipe du capitaine Jacolin. Le 30 août 1944 elle est parachutée dans la région de L’isle sur le Doubs.  Aussitôt, elle installe le poste émetteur et tente les interminables essais pour prendre contact avec Alger.

Le 5 septembre  elle transporte des armes, des munitions et du ravitaillement  au profit des F.F.I. du Lomont qui encerclent l’Isle sur le Doubs avec l’aide de Cécile Bertenans qui l’heberge depuis le 30 août.

Dans le bois au-dessus de Blussans Les jeunes femmes, se heurtent à une patrouille ennemie. Cécile Bertenans peut se cacher dans les broussailles.  Elle s’vade à la faveur de la nuit. Capturée par les Allemands, Elisabeth Torlet va être torturée et interrogée toute la nuit. Au matin, elle est exécutée d’une balle tirée à la tête sous l’œil gauche au lieu-dit « Terre-Rouge »

Déclarée "Morte pour la France", Élisabeth Torlet sera nommée lieutenant et chevalier de la Légion d'Honneur, elle recevra la Croix de Guerre avec palme.

 

Trouvé sur une icône dans son sac militaire sa devise pourrait être : Mon Dieu quand tu voudras, où tu voudras, comme tu voudras".

 

 

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Robert Keller

keller

KELLER Robert 

Ingenieur des Postes, Télégraphes, et Télécommunications ."Mort pour la France"

 Né le 8 mai 1899 à Petit Quévilly (Seine Maritime) Mort en déportation au camp de Bergen Belsen le 14 avril 1945.

Chef du centre des dérangements de Paris durant la drôle de guerre, il est chargé de l’entretien et des réparations des lignes téléphoniques. Au début de l’occupation il dirige, sous contrôle allemand l’entretien de l’ensemble de tout le réseau téléphonique à l’exception des territoires intégré au Reich. En janvier  1941, il est membre du réseau  Vengeance (Le lion)  En septembre 1941 il est contacté par le capitaine Edmond Combaux , ingénieur des transmissions  à la Direction des recherches et du contrôle technique des P.T.T.et par le capitaine Simoneau du service de renseignement  Kelber qui lui demandent d’étudier les possibilités d’un piquage sauvage sur câbles, qui livrerait les conversations des Allemands.

Avec l’aide de son équipe et principalement deux de ses collaborateurs Pierre Guillou et Laurent Matheron. A Noisy le Grand 16 avril 1942,  ils vont dériver 70 grands circuits sont dérivés sur la ligne Paris Metz. L’écoute des communications de la Kriegsmarine, de la Lufftwaffe, de la Whermarcht et de la Gestapo peut commencer. Une seconde opération a lieu le 16 décembre 1942 sur la ligne Paris-Strasbourg- Berlin sur 484 fils cette fois.

Dénoncé par une lettre le disant « agent Gaulliste, espion à la solde des Anglais, il est convoqué à la Gestapo. Arrêté le 23 décembre 1942 à Paris, il est interrogé rue des Saussaie.

Pendant plusieurs mois l’écoute des conversations téléphonique  a permis aux services de renseignements d’écouter toutes les conversations échangées entre les hauts dignitaires nazis en Allemagne et les troupes d’occupation stationnées à Paris

Il est déporté le 16 juillet 1943 à Oranienbourg, puis à Bergen Belsen où il meurt le 14 avril 1945.

Déclaré Mort pour la France, élevé au grade de commandant, il sera fait chevalier de la Légion d’Honneur, il reçoit la Croix de guerre et la Médaille de la Résistance.  Il était le père de quatre enfants

 

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Henri D'estienne d'Orves

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D’ESTIENNE D’ORVES Henri Louis Honoré

 

Capitaine de corvette. "Mort pour la France"

Né le 5 juin 1901 à Verrière le Buisson (Essonne)- Fusillé le 29 août 1941 dans la clairière du Mont Valérien

 Entre en 1921 à l’Ecole Polytechnique, il en sort deux ans plus tard pour rejoindre la Marine Nationale. En octobre 1923, il embarque sur le croiseur Jeanne d’Arc. En 1939,  Affecté sur le croiseur Dusquene il est l’officier  d’ordonnance de l’amiral Godfroy commandant la force X à Alexandrie.  Ne supportant pas l’inaction liée à l’accord signé entre l’amiral Cunnigham et l’amiral Godfroy, lors de l’opération Catapult. Le 9 juillet il rallie les FNFL, il  offre ses services au général Legentilhomme à Djibouti. Ce dernier veut continuer de résister, l’opération tourne court. Le 2 aout 1940, Honoré d’Estienne d’Orves embarque sur le cargo Armé le Jehangir, il arrive fin septembre à Londres à bord du paquebot Arundel Castle. Promu capitaine de corvette le 1er octobre, il est nommé au 2ème bureau de l’Etat-major des Force Navale de France Libre. Il jette les bases du réseau « Nemrod » et il veut en coordonner l’action. Le 21 décembre dans la nuit il débarque non loin de la pointe du raz avec son radio Alfred Geissler « Marty ».  La première liaison entre la France et Londres est réalisée le 25 décembre1940. Entre le 21 décembre et le 22 janvier 1941, date de son arrestation, Honoré d’Estienne d’Orves prend des contacts à Lorient, Nantes et Paris réfléchit à la mise en place d’un second réseau.  Le réseau est trahi par son radio, fils d’un Alsacien pro Nazi.Transférés à Nantes, puis à Angers, Paris, Berlin  avant de revenir le 26 février 1941 à la prison du Cherche-Midi, le procès des 27 membres du réseau s’ouvre le 13 mai 1941 et va durer douze jours. Après avoir rendu hommage à l’adversaire, la cour martiale rend son verdict : neuf condamnations à mort dont celle d’Honoré d’Estienne d’Orves. Une demande de grâce est déposée en Allemagne. Le 21 aout 1941, l’aspirant Moser de la Kriegsmarine est abattu à Paris, le lendemain le général Schaumburg, commandant du « Gros Paris » prend une ordonnance considérant les prisonniers arrêtés comme otages.  Le 29 août 1941, Honoré d’Estienne d’Orves, Maurice Barlier et Jan Doornick sont fusillés dans la clairière du Mont Valérien.

Il est inhumé à Verrière le Buisson.

Il est fait Compagnon de la Liberation (Décret du 30 octobre 1944)

Chevalier de la Légion d’Honneur

Officier du Ouissam Alaouite

Officier de l’ordre « Pour la couronne » de Roumanie

Officier du Mérite militaire Bulgare

Chevalier de l’Epi d’Or de Chine.

 

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